Archive pour avril, 2008

résistance armée 24

Résistance armée 24

par le Colonel Colomb.  

Le 26 août, un petit détachement motorisé allemand réoccupe ARGENT (300 hommes, une cinquantaine de camions et voitures).

Par suite d’une fausse manœuvre, 3 de nos hommes sont faits prisonniers. Dans la soirée, nous plaçons des embuscades sur toutes les routes débouchant d’ARGENT en vue de le cerner dans la ville. A la tombée de la nuit un premier détachement ennemi tente de forcer le « bouchon » placé en avant d’AUBIGNY, il est repoussé avec pertes (5 tués, 5 prisonniers, un camion capturé avec un canon D.C.A. de 25 mm. Cette tentative est recommencée par l’ennemi un peu avant le jour, mais cette fois-ci en direction de LAMOTTE-BEUVRON. Il réussit à forcer notre « bouchon » près de CLEMONT (quelques pertes chez l’ennemi, une voiture et une moto détruites. Rien chez nous).

Durant les jours suivants, les Allemands se décident, à évacuer la « poche » au Sud d’ORLÉANS et reviennent en force dans toute la région septentrionale du département.

A partir du 28 en particulier, des effectifs considérables, en colonnes de toutes armes, sous la protection de quelques blindés ou chars intercalés dans les convois, traversant le CHER-NORD, empruntant tantôt la route ARGENT ou AUBIGNY-SANCERRE, tantôt la route SALBRIS – LA CHAPELLE d’ANGILLON – LES AIX, tantôt aussi la route 140 vers le Sud. D’autres se dirigent directement sur BOURGES par LAMOTTE-BEUVRON. L’importance de ces convois, et aussi la présence des blindés vont rendre beaucoup plus difficiles les embuscades. Plusieurs d’entre elles échouent. D’autres réussissent au moins partiellement, notamment le 31 août entre AUBIGNY et ARGENT, où 8 camions furent attaqués et où l’ennemi aurait perdu (selon des renseignements recueillis ultérieurement à ARGENT) 28 morts et 32 blessés, et
le 1er septembre entre CONCRESSAULT et VAILLY (5 tués et plusieurs blessés).

résistance armée 23

Résistance armée 23

par le Colonel Colomb.

Pour tenter de faire donner par le Commandement allié une solution à ce problème, je décidais avec le Capitaine THOMSON (de notre mission de liaison arrivée par parachute le 8 août) d’entrer en contact avec un général américain. Nous traversons le 23 août la Loire à OUZOUER, et dans l’après-midi sommes reçus du côté de ISDON par le Général EDDY, commandant le 12e C.A. (qui, au même moment, était en train de s’emparer de MONTARGIS). Celui-ci nous expliqua les raisons pour lesquelles le Commandement allié se trouve dans l’impossibilité absolue de s’étendre de l’autre côté de la Loire. Evidemment, il ne méconnaît pas l’intérêt qu’il y aurait à envoyer (comme nous le lui demandons) quelques blindés dans le CHER qui pourraient infliger de terribles dégâts aux colonnes ennemies retraitant sur la CHARITÉ et NEVERS – et qui pourraient aussi attendre au passage les Allemands venant du Sud d’ORLÉANS lorsqu’ils se décideraient à décamper, et les malmener sérieusement ou même à leur couper la retraite. Mais le Général EDDY ne dispose pas de moyens suffisants pour distraire même un petit nombre de blindés de son axe de marche orienté vers le NORD-EST, en direction de TROYES, BAR-le-DUC, etc.. Tout ce qu’il pourra faire, c’est de nous envoyer 17 bazookas, avec un lot important de munitions que nous irons faire enlever le lendemain par un camion au passage de la Loire à OUZOUER. Ces armes anti-chars devaient nous servir les jours suivants à renforcer l’armement des groupes chargés de monter des embuscades sur les principaux itinéraires de repli de l’ennemi.

Entre temps, le maquis d’IVOY avait occupé AUBIGNY et ensuite ARGENT le 22 août. Ces occupations complétaient celles faites précédemment dans le Sancerrois.

Puis, le 23 août, la presque totalité des maquis d’IVOY se lancèrent à la poursuite d’une colonne hippomobile ennemie signalée dans le Sud du Loiret. Durant les jours précédents, il avait été possible par des réquisitions locales de voitures légères et de camionnettes de motoriser tous les groupes de ce maquis d’IVOY, leur conférant ainsi une mobilité que limitait seule la difficulté de se procurer du carburant. Dans la soirée du 23, le convoi allemand traverse la Loire sur le pont-canal de Briare, le lendemain matin les maquis d’IVOY passent la Loire à leur tour, libèrent BRIARE et GIEN (où les Américains n’étaient pas encore entrés), retrouvent la colonne ennemie à OUZOUER-sur-TREZÉE, et se mettent en embuscade pour l’attaquer à la sortie de BRETEAUX.

Malheureusement, on ne put engager que les 5 ou 6 dernières voitures du convoi (qui furent capturées), et les pertes de l’ennemi ne furent guère importantes (quelques prisonniers).

 

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Résistance armée 22

par le Colonel Colomb.

2) - Après le 20 août, la situation générale dans le CHER-NORD devait demeurer sans changement notable durant une dizaine de jours. Sur l’axe VIERZON-BOURGES, SANCERGUES et BOURGES-NEVERS, de nombreux convois ne cessaient de défiler, mais en général leur protection était assurée par quelques blindés ou chars intercalés parmi les camions, ou placés en tête et en queue des colonnes, ce qui rendait
naturellement beaucoup plus hasardeuses nos tentatives d’embuscades. Les voitures isolées et les petites colonnes hippomobiles, qui avaient constitué jusqu’alors pour nous une proie facile, devinrent de plus en plus rares. D’autre part, les trains de troupes traversant VIERZON et BOURGES se succédaient à raison de 3 ou 6 par jour et un train blindé composé de 9 wagons, comportant 4 pièces de 88 et deux chars (montés sur wagons-plateformes), allait et venait entre la GUERCHE et VIERZON pour assurer, semblait-il, la protection de la voie. Un renseignement recueilli le 24 août annonçait encore le passage après cette date de deux divisions complètes venant de l’Ouest (140 trains).

La libération de BOURGES ne paraissait donc plus devoir être imminente. Dans la partie Nord de notre région, au contraire, les passages de troupes se raréfièrent entre le 20 et le 28 août à tel point que nous en fûmes à plusieurs reprises amenés à penser que les Allemands renonceraient désormais à emprunter les itinéraires Ouest-Est entre La Chapelle d’ANGILLON et ARGENT.

résistance armée 21

Résistance armée 21

par le Colonel Colomb.

En fait notre entrée à BOURGES allait encore être retardée d’une quinzaine de jours.

Mais, pendant que nous étions ainsi maintenus dans l’attente face au Sud, la libération d’une portion importante du territoire du SANCERROIS s’accomplissait d’autre part sans coup férir ; le 18 août, les Allemands avaient fait sauter le pont de COSNE, ce qui allait obliger leurs colonnes en retraite à obliquer plus au Sud. Dès le 19 août, en conséquence, « CHARPENTIER » donnait l’ordre aux F.F.I. d’occuper en
armes tous les villages situés au Nord de la route VAILLY-SANCERRE. Les Chefs cantonaux et communaux F.F.I. prenaient en main aussitôt l’administration, le ravitaillement, la police (en accord avec les gendarmeries) et se substituaient au pouvoir préfectoral défaillant. Cette organisation devait fonctionner jusqu’au milieu de septembre d’une manière parfaite, sans qu’on ait eu à signaler de réquisitions ou d’arrestations abusives, ni de désordres quelconques, et à la satisfaction générale des habitants.

résistance armée 20

Résistance armée 20

par le Colonel COLOMB.

Sur la base de ces renseignements, je me décidais à tenter l’opération : d’une part, « DURET » reçut l’ordre de se porter le 20 au matin en direction de la ville avec le maximum de ses forces, en partant de la région de NÉRONDES et d’AVORD ; d’autre part, je regroupais dans la nuit du 19 au 20 tous les maquis de MENETOU en quatre « sections de 60 à 80 hommes environ chacune, disposées en arc de cercle autour de BOURGES, et à une distance de 10 à 15 km de la ville, près de l’Epinière (vers le carrefour de la route BOURGES-ORLÉANS et BOURGES-VIERZON), à FUSSY (route BOURGES-AUBIGNY) à TURLY (route BOURGES-SANCERRE), et dans les environs de MAUBRANCHE (route BOURGES-SANCERGUES). Ces forces devaient se tenir prêtés à marcher sur BOURGES le 20 au matin dès que j’aurais reçu par le premier agent de liaison sorti de la ville, avis que les Allemands l’auraient évacuée. Enfin, je fis passer un message au Colonel BERTRAND, qui commandait les F.F.I. dans le CHER-SUD, pour lui faire connaître mon intention, et lui permettre, le cas échéant, de faire simultanément entrer ses troupes dans la ville par le Sud.

Mais les Allemands cette nuit-là parurent changer complètement d’avis. Le 20 août au matin j’apprenais que, contrairement à notre attente, la garnison de BOURGES avait été renforcée par d’assez forts détachements venus de l’Ouest, et qu’elle commençait à s’organiser défensivement en divers points autour de la ville. Les groupes du maquis de MENETOU furent en conséquence stoppés sur place. Quant aux forces du Capitaine « DURET », elles ne purent malheureusement pas être touchées à temps, et plusieurs de ses groupes, amorçant la marche sur BOURGES, se heurtèrent à d’importants convois allemands filant en sens inverse. Une série de bagarres en résultèrent où quelques pertes furentinfligées à l’ennemi (notamment 5 tués dans les rues mêmes de MORNAY BERRY) sans qu’il ait eu aucune heureusement à déplorer de notre côté.

résistance armée 19

Pour la clarté de l’exposé, je diviserai le récit de ce qui s’ensuivit selon les trois phases indiquées plus haut.

1) - Les premières embuscades, malgré l’inexpérience de la plupart de ceux qui y prenaient part, furent clans leur ensemble assez bien réussies. A cette date, l’ennemi n’était guère sur ses gardes. Il empruntait sans beaucoup de méfiance les grands itinéraires, notamment par petites colonnes isolées de camions, de voitures à chevaux ou de bicyclettes, sans leur assurer, comme il devait le faire une semaine ou deux
plus tard, aucune protection avec des voitures blindées ou des chars.

 

Parmi les opérations couronnées de succès durant cette période, il y a lieu de signaler :

- Dans le secteur de VIERZON, l’attaque d’un convoi et la destruction de 5 camions le 18 août, près de l’Etoile, puis dans la nuit du 18 au 19, de deux voitures légères sur la route de VIERZON à BOURGES. Une quarantaine d’allemands sont mis hors de combat, dont au moins une quinzaine de tués.

- Dans la zone desservie par le maquis de MENETOU, plusieurs petits convois motorisés allemands sont pris à partie :
le 15 août, sur la route ALLOGNY-SALBRIS (4 camions, une dizaine de tués et blessés), le 19, sur la route de BOURGES à la CHARITÉ (2 voitures légères et un side-car détruits, 11 Allemands tués, plusieurs blessés) ; le 20 à FUSSY, sur la grand’route BOURGES-ARGENT (10 tués, 3 prisonniers).

- Enfin dans la zone du maquis d’IVOY, les 19 et 20 août, une série d’embuscades particulièrement bien coordonnées permettait la destruction à peu près totale d’un convoi hippomobile ennemi d’une centaine d’hommes et d’une vingtaine de voitures. Ce convoi avait d’abord été signalé vers 15 heures passant à la CHAPELLE d’ANGILLON en direction de SANCERRE. Trois groupes du maquis d’IVOY partent à sa poursuite. A 21 heures, un premier groupe tend une embuscade à la colonne ennemi à l’entrée de SENS-BEAUJEU, 4 Allemands sont tués et 3 blessés. L’ennemi cantonne ensuite dans le village. Malheureusement une voiture légère d’un autre groupe, conduite par le Chef de section MOULIN », qui ignorait la présence des Allemands à SENS-BEAUJEU se présente en pleine nuit à l’entrée de l’agglomération, tous ses occupants
sont sauvagement massacrés. Le 20 au matin, la colonne se remet en route à 7 heures. Aux abords de la côte de BELLECHAUME, sous un épais brouillard, les trois groupes d’IVOY embusqués ouvrent le feu à très courte distance avec 6 F.M. En dix minutes, environ 20 à 25 Allemands sont tués, ainsi que 3 chevaux. L’ennemi se regroupe à grand’peine, et abandonne 2 voitures ainsi qu’un important matériel. Il emporte cependant ses blessés. Une heure plus tard, le convoi est attaqué à nouveau en deux embuscades successives au bas de la côte de BELLECHAUME et près du carrefour de la route de BOURGES, par les groupes de village du SANCERROIS (BUÉ, SURY-en-VAUX, St-SATUR, SANCERRE). 5 Allemands sont tués. Les survivants abandonnent encore 3 voitures (dont une cuisine roulante) et 6 chevaux, puis s’enfuient en direction de BOURGES, où ils sont encore harcelés par la suite. Seuls, quelques rescapés réussissent à rallier BOURGES le lendemain.

Résistance armée 19

par le Colonel COLOMB.

Pendant que ces engagements se poursuivaient ainsi non sans succès, à travers le territoire du CHER-NORD, les renseignements qui me parvenaient dans la journée du 19 tendaient à indiquer que les Allemands étaient sur le point d’évacuer complètement toute notre région pour se retirer à l’Est de la Loire ou au Sud de BOURGES. La veille déjà, l’ennemi avait fait sauter le dépôt de munitions de SALBRIS, menacé, disait-on (à tort), par une colonne de blindés américains ayant traversé la Loire à TOURS et se dirigeant vers le Sud-Est. La canonnade entendue d’autre part au nord de la Loire paraissait, elle aussi se déplacer vers l’Est. Indices plus probants, durant tout l’après-midi du 19 à AVORD et à BOURGES les explosions se succédèrent, carburants, munitions, ateliers, dépôts de vivres, etc.. Les agents de liaison qui m’étaient envoyés presque d’heure en heure de l’intérieur même de la ville me signalaient les préparatifs du départ des dernières troupes allemandes s’y trouvant encore. Quant à la Gestapo, aux diverses Kommandantur, etc.. elles étaient déjà parties durant les jours précédents. A BOURGES, on paraissait croire que l’évacuation serait terminée dans la nuit du 19 au 20 août et que nous pourrions y entrer sans coup férir le lendemain matin.

résistance armée 18

Résistance armée 18

par le Colonel COLOMB.

Durant la période de temps qui s’est écoulée entre le 15 août et le 6 septembre, soit trois semaines environ, au cours desquelles le « nettoyage » des Allemands fut mené à bonne fin sur tout le territoire du CHER-NORD, on peut distinguer trois phases successives :

· Jusqu’au 21 août approximativement, une certaine panique se manifeste chez les Allemands, en particulier à BOURGES, qui pouvait laisser à penser qu’ils allaient évacuer immédiatement et sans combat la totalité de la région se trouvant au sud et à l’ouest de la Loire.

· Entre le 22 et le 30 août, l’ennemi, paraissant se ressaisir, s’accroche à BOURGES, à VIERZON et ailleurs, y organise une défense au moins sommaire (canons anti-chars sur les routes, barrages etc..) tandis que les colonnes hippomobiles et motorisées, ainsi que des trains de troupes, traversent à la cadence quotidienne de 5 000 hommes et plus le département d’Ouest en est vers la CHARITÉ et NEVERS.

· Du 30 août au 6 septembre, la cadence des passages de troupes s’élève jusqu’à atteindre 15 000 à certains jours, les garnisons de BOURGES et de VIERSON procèdent aux destructions de dernière heure, puis finissent par s’en aller à leur tour. Le 6 septembre au soir, tout le territoire du CHER-NORD est entièrement libéré.

 

J’avais dans la journée du 14 août, transmis l’ordre de guérilla générale aux secteurs du CHER-EST et de VIERZON. Il s’agissait, pour ces derniers, d’adopter immédiatement la formation « maquis », c’est-à-dire de faire sortir leurs effectifs des villes et villages, de les regrouper « dans la nature » en petits éléments mobiles, et de les faire travailler à cheval sur les principaux itinéraires OUEST-EST empruntés par l’ennemi.
J’avais d’autre part, donné l’ordre aux deux maquis d’IVOY et de MENETOU de monter, à partir du 16 août toute une série d’embuscades permanentes sur les routes menant aux différents ponts de Loire : COSNE, St-SATUR, POUILLY et SANCERGUES, ainsi que sur la route nationale 140.
Enfin, le SANCERROIS avait été mis en état de « mobilisation générale » et chaque village s’était organisé aussitôt un système défensif propre avec rondes, patrouilles, postes de garde, etc..

résistance armée 17

Résistance armée 17

par le Colonel COLOMB.

Par contre, les deux maquis du centre du département, celui d’IVOY et celui de MENETOU, avaient été prévus précisément dans cette intention : formé en petits groupes indépendants, d’une quinzaine d’hommes chacun (avec un ou deux F.M. par groupe), vivant en bivouac dans les bois ou dans les fermes abandonnées, montés sur bicyclettes (bientôt ils allaient être motorisés sur des voitures de tourisme et camionnettes réquisitionnées), les effectifs qui composaient ces 2 maquis atteignaient à la mi-août environ 150 hommes pour IVOY et 200 hommes pour MENETOU. Dans la guérilla qui allait commencer, il leur incomberait d’accrocher l’ennemi aussi bien sur les grands itinéraires latéraux à LAMOTTE BEUVRON-AUBIGNY ou ARGENT SANCERRE et SALBRIS LA CHAPELLE D’ANGILLON – LES AIX – SANCERGUES, que sur la route nationale 140, traversant en ligne droite tout le milieu du département de BOURGES à ARGENT-sur-SAULDRE. Pour accomplir cette besogne d’une manière efficace l’armement et les effectifs ne manquaient pas, mais je ne pouvais oublier qu’il s’agissait, pour les 9/10 de ces derniers,
d’hommes, et souvent aussi de gradés, n’ayant jamais fait aucun service militaire et que nous avions armés, organisés en groupes et expédiés dans leur zone d’opérations dans les trois ou quatre jours après leur arrivée au camp de triage.

Avec des troupes aussi peu expérimentées et aguerries, auxquelles le temps avait manqué de donner un minimum de cohésion et d’entraînement à la manœuvre, il n’allait naturellement pas être possible de se lancer dans n’importe quel genre d’opérations contre l’ennemi.

résistance armée 16

Résistance armée 16

par le Colonel COLOMB.

C’est le 12 août au soir que fut donné pour la première fois à la radio l’ordre de guérilla générale pour le département du CHER (ainsi d’ailleurs que pour les départements voisins situés au Nord, à l’Ouest et au Sud par le message en langage conventionnel

« En avant la cavalerie ».

De quels moyens pouvais-je disposer à cette date pour harceler d’une manière efficace des colonnes allemandes dont on m’annonçait le passage imminent à travers le département ?

Les deux secteurs du CHER-EST et de VIERZON, sous le Commandement de « DURET » et de « STAG » étaient prêts à commencer la guérilla avec un effectif de 300 hommes armés environ chacun (dans chaque secteur approximativement 25 fusils-mitrailleurs et 3 ou 4 bazooka ou pist.). Ayant à s’attaquer l’un et l’autre au principal axe de marche des Allemands VIERZON-BOURGES-NEVERS, tout semblait indiquer qu’ils auraient dans les prochains combats à supporter le poids principal de la lutte.

BOURGES n’était pas encore armé, pour les raisons que j’ai indiquées plus haut, mais la situation nouvelle créée par le mouvement généralisé de repli des Allemands à travers l’Ouest et le Centre de la France allait me permettre de demander enfin des parachutages à leur intention sur des terrains situés à proximité de la ville même.

Le SANCERROIS, pays très vallonné, coupé de haies et de boqueteaux, avec un effectif organisé en groupe de village de 350 à 400 hommes armés au total (dont la moitié environ avec de vieux fusils de récupération) et une quinzaine de fusils-mitrailleurs, était en mesure de se transformer immédiatement en un vaste traquenard où les convois allemands ne sortiraient pas indemnes. Mais cette organisation uniquement prévue pour mener une guérilla tout à fait locale, n’offrait aucune mobilité, et je ne pouvais songer à y prélever des colonnes volantes destinées à opérer en dehors du secteur.

résistance armée 17

Résistance armée 17

par le Colonel COLOMB.

Par contre, les deux maquis du centre du département, celui d’IVOY et celui de MENETOU, avaient été prévus précisément dans cette intention : formé en petits groupes indépendants, d’une quinzaine d’hommes chacun (avec un ou deux F.M. par groupe), vivant en bivouac dans les bois ou dans les fermes abandonnées, montés sur bicyclettes (bientôt ils allaient être motorisés sur des voitures de tourisme et camionnettes réquisitionnées), les effectifs qui composaient ces 2 maquis atteignaient à la mi-août environ 150 hommes pour IVOY et 200 hommes pour MENETOU. Dans la guérilla qui allait commencer, il leur incomberait d’accrocher l’ennemi aussi bien sur les grands itinéraires latéraux à LAMOTTE BEUVRON-AUBIGNY ou ARGENT SANCERRE et SALBRIS LA CHAPELLE D’ANGILLON – LES AIX – SANCERGUES, que sur la route nationale 140, traversant en ligne droite tout le milieu du département de BOURGES à ARGENT-sur-SAULDRE. Pour accomplir cette besogne d’une manière efficace l’armement et les effectifs ne manquaient pas, mais je ne pouvais oublier qu’il s’agissait, pour les 9/10 de ces derniers, d’hommes, et souvent aussi de gradés, n’ayant jamais fait aucun service militaire et que nous avions armés, organisés en groupes et expédiés dans leur zone d’opérations dans les trois ou quatre jours après leur arrivée au camp de triage.

Avec des troupes aussi peu expérimentées et aguerries, auxquelles le temps avait manqué de donner un minimum de cohésion et d’entraînement à la manœuvre, il n’allait naturellement pas être possible de se lancer dans n’importe quel genre d’opérations contre l’ennemi.

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