résistance armée 19

Pour la clarté de l’exposé, je diviserai le récit de ce qui s’ensuivit selon les trois phases indiquées plus haut.

1) - Les premières embuscades, malgré l’inexpérience de la plupart de ceux qui y prenaient part, furent clans leur ensemble assez bien réussies. A cette date, l’ennemi n’était guère sur ses gardes. Il empruntait sans beaucoup de méfiance les grands itinéraires, notamment par petites colonnes isolées de camions, de voitures à chevaux ou de bicyclettes, sans leur assurer, comme il devait le faire une semaine ou deux
plus tard, aucune protection avec des voitures blindées ou des chars.

 

Parmi les opérations couronnées de succès durant cette période, il y a lieu de signaler :

- Dans le secteur de VIERZON, l’attaque d’un convoi et la destruction de 5 camions le 18 août, près de l’Etoile, puis dans la nuit du 18 au 19, de deux voitures légères sur la route de VIERZON à BOURGES. Une quarantaine d’allemands sont mis hors de combat, dont au moins une quinzaine de tués.

- Dans la zone desservie par le maquis de MENETOU, plusieurs petits convois motorisés allemands sont pris à partie :
le 15 août, sur la route ALLOGNY-SALBRIS (4 camions, une dizaine de tués et blessés), le 19, sur la route de BOURGES à la CHARITÉ (2 voitures légères et un side-car détruits, 11 Allemands tués, plusieurs blessés) ; le 20 à FUSSY, sur la grand’route BOURGES-ARGENT (10 tués, 3 prisonniers).

- Enfin dans la zone du maquis d’IVOY, les 19 et 20 août, une série d’embuscades particulièrement bien coordonnées permettait la destruction à peu près totale d’un convoi hippomobile ennemi d’une centaine d’hommes et d’une vingtaine de voitures. Ce convoi avait d’abord été signalé vers 15 heures passant à la CHAPELLE d’ANGILLON en direction de SANCERRE. Trois groupes du maquis d’IVOY partent à sa poursuite. A 21 heures, un premier groupe tend une embuscade à la colonne ennemi à l’entrée de SENS-BEAUJEU, 4 Allemands sont tués et 3 blessés. L’ennemi cantonne ensuite dans le village. Malheureusement une voiture légère d’un autre groupe, conduite par le Chef de section MOULIN », qui ignorait la présence des Allemands à SENS-BEAUJEU se présente en pleine nuit à l’entrée de l’agglomération, tous ses occupants
sont sauvagement massacrés. Le 20 au matin, la colonne se remet en route à 7 heures. Aux abords de la côte de BELLECHAUME, sous un épais brouillard, les trois groupes d’IVOY embusqués ouvrent le feu à très courte distance avec 6 F.M. En dix minutes, environ 20 à 25 Allemands sont tués, ainsi que 3 chevaux. L’ennemi se regroupe à grand’peine, et abandonne 2 voitures ainsi qu’un important matériel. Il emporte cependant ses blessés. Une heure plus tard, le convoi est attaqué à nouveau en deux embuscades successives au bas de la côte de BELLECHAUME et près du carrefour de la route de BOURGES, par les groupes de village du SANCERROIS (BUÉ, SURY-en-VAUX, St-SATUR, SANCERRE). 5 Allemands sont tués. Les survivants abandonnent encore 3 voitures (dont une cuisine roulante) et 6 chevaux, puis s’enfuient en direction de BOURGES, où ils sont encore harcelés par la suite. Seuls, quelques rescapés réussissent à rallier BOURGES le lendemain.

Résistance armée 19

par le Colonel COLOMB.

Pendant que ces engagements se poursuivaient ainsi non sans succès, à travers le territoire du CHER-NORD, les renseignements qui me parvenaient dans la journée du 19 tendaient à indiquer que les Allemands étaient sur le point d’évacuer complètement toute notre région pour se retirer à l’Est de la Loire ou au Sud de BOURGES. La veille déjà, l’ennemi avait fait sauter le dépôt de munitions de SALBRIS, menacé, disait-on (à tort), par une colonne de blindés américains ayant traversé la Loire à TOURS et se dirigeant vers le Sud-Est. La canonnade entendue d’autre part au nord de la Loire paraissait, elle aussi se déplacer vers l’Est. Indices plus probants, durant tout l’après-midi du 19 à AVORD et à BOURGES les explosions se succédèrent, carburants, munitions, ateliers, dépôts de vivres, etc.. Les agents de liaison qui m’étaient envoyés presque d’heure en heure de l’intérieur même de la ville me signalaient les préparatifs du départ des dernières troupes allemandes s’y trouvant encore. Quant à la Gestapo, aux diverses Kommandantur, etc.. elles étaient déjà parties durant les jours précédents. A BOURGES, on paraissait croire que l’évacuation serait terminée dans la nuit du 19 au 20 août et que nous pourrions y entrer sans coup férir le lendemain matin.

Commentaires

  1. Eric Maurice dit :

    Est-ce que vous avez plus d’information sur les événements du 20 Aout à Sens-Beaujeu, particulièrement en ce qui concerne les incidents qui ont résulté dans la mort de « Moulin » ? Il s’agissait bien du Lt. Lucien Chevillion ?

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