resistance armee 31

La résistance armée 31

par le Colonel Colomb.

Dans la région de NÉRONDES même, les embuscades auraient pu sans doute être poussées avec un peu plus de vigueur, durant ces derniers jours de la retraite allemande, si l’ennemi n’avait systématiquement entrepris de brûler les fermes et de massacrer des civils tout autour de cette localité chaque fois, qu’il était attaqué par le « maquis ». Ces actes de sauvagerie furent, dans le Cher-Nord, et bien que nous ayons pris à partie les colonnes allemandes sur presque toute l’étendue du territoire, à peu près exclusivement limités (je ne sais pourquoi) à cette région de NÉRONDES. En moins de deux semaines, plus de trente fermes ou maisons d’habitation furent ainsi incendiées, et une douzaine de civils massacrés.

Naturellement la population fut bientôt littéralement terrorisée. Comme les groupes de résistance qui conduisaient la guerilla étaient recrutés localement, ces représailles inhumaines les incitèrent à suspendre ou du moins à espacer leurs embuscades. Quelques-uns parlèrent même de cesser la lutte, à la vue des malheurs qu’elle attirait sur la tête de leurs compatriotes. Je dus intervenir avec énergie pour leur faire comprendre que l’intérêt supérieur du pays exigeait que les forces armées de la Résistance devaient continuer à se battre, quels que fussent par ailleurs les dommages subis par la population civile. Mais, comme il est naturel, la conduite du combat dans cette région s’en trouva néanmoins quelque peu ralentie.

Parallèlement aux embuscades proprement dites, le secteur du Cher-Est, dans les derniers jours d’août, poursuivit sur une grande échelle les destructions et sabotages de voies de communication. La voie ferrée de BOURGES à SAINCAIZE continuait à constituer, dans cet ordre d’idées, l’objectif principal. Vers le 30 août, notamment, en vue d’empêcher le passage d’un train de prisonniers politiques, que les Allemands évacuaient de BOURGES, pendant deux jours de suite la voie sauta toutes les 6 heures. (Malheureusement le train, fortement escorté, réussit tout de même à passer). Dans le bois de BOURAIN, un pont métallique fut détruit, et les Allemands l’ayant reconstruit avec des traverses, fut de nouveau saboté et incendié le lendemain.

Après le chemin de fer, l’objectif le plus important était représenté à cette date par les ponts de route sur la Loire et le canal latéral, par où les Allemands faisaient passer leurs colonnes en retraite. Pendant une semaine, « ALEX », avec une équipe spéciale, s’occupa à les mettre tour à tour hors de service. Des abattis d’arbres furent opérés sur la route menant à la CHARITÉ, et 3 ponts sur le canal, dont celui de la grand’route à la CHAPELLE MONTLINARD furent détruits vers le 23 août, obligeant les Allemands à se détourner par de petites routes secondaires pour joindre le grand pont sur la Loire en face de la CHARITÉ. Au GUÉTIN (route de BOURGES à NEVERS) et dans les environs, trois autres ponts étaient dynamités quelques jours plus tard, toujours sur le canal, mais les Allemands réussirent à réparer assez rapidement celui de la grand’route. Puis « ALEX » passa dans le CHER-SUD pour s’attaquer au pont de MORNAY, sur l’Allier…

Ainsi la marche des convois allemands durant les derniers jours de leur retraite fut-elle entravée par tous les moyens en notre pouvoir.

Commentaires

  1. Dominique de LA CHAISE dit :

    Mon Colonel,

    Je suis le fils cadet du général Philippe de LA CHAISE, S/Lt à l’époque du maquis. C’est avec un grand intérêt que j’ai lu votre récit et vous remercie d’y faire figurer les actes que je considère comme héroiques de feu mon père. Si d’autres détails le concernant ou anecdotes vous reviennent en mémoire, par avance, je vous en prie, faites les moi parvenir à mon adresse mail.

    Cordialement,

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