Archive pour juin, 2008

resistance armee 36/36

La résistance armée 36

par le Colonel Colomb.

Le lendemain 12 Septembre, toutes les forces allemandes se trouvant encore sur le territoire du CHER-SUD à l’ouest de l’Allier capitulaient entre les mains du Commandement Américain.

La lutte était terminée.

Le Commandant des F.F.I.
Pour le Cher-Nord
Arnaud de Vogué

resistance armee 35

La résistance armée 35

par le Colonel Colomb.

A midi accompagné du Commandant MAGNON et d’une section du maquis de MENETOU transportée en camionnettes, je me rendis à la Préfecture. J’y avais été précédé d’une demi-heure environ par deux Jeeps du 4ème Bataillon de parachutistes. Deux heures plus tard, le restant du maquis de MENETOU et le maquis d’IVOY – près de cinq cents hommes au total, montés sur des autos réquisitionnées de tous modèles et de toutes descriptions – pénétraient à leur tour dans BOURGES par la route d’AUBIGNY. Quelques douzaines de traînards allemands attardés dans cette ville s’empressèrent de se constituer prisonniers.

A 4 heures, le 1er R.I. venant du CHER-SUD faisait aussi son entrée à BOURGES. La libération du Cher-Nord était achevée.

Durant la semaine qui suivit, de très grosses colonnes allemandes de toutes armes continuèrent à traverser le CHER-SUD en direction de l’Allier. Un de leurs itinéraires de passage se trouvait être la route de St-FLORENT à DUN-sur-AURON par LEVET, ce qui fit que l’on put craindre à plusieurs reprises que l’ennemi tenterait de réoccuper BOURGES, ce qu’il aurait évidemment pu réussir aisément avec un peu d’artillerie et quelques blindés.

Les forces du Colonel BERTRAND dans le CHER-SUD harcelaient nuit et jour ces convois allemands. En vue de les seconder, une partie des maquis d’IVOY et de MENETOU renforcés par un détachement de CHATILLON-sur-LOIRE, fut mise à la disposition du Commandant ROY, commandant le 1er Bataillon du 1er R.I. et fut employé du 9 au 11 Septembre à maintenir une série d’embuscades permanentes sur la route de DUN à SANCOINS, aux abords du carrefour d’OSMERY. Quelques engagements assez vifs eurent lieu, l’ennemi se défendant énergiquement avec des mortiers et parfois aussi avec des blindés. Une voiture et un camion furent capturés ainsi qu’une certaine quantité de matériel (bicyclettes, armement, munitions, etc..) et des pertes en tués et blessés infligées à l’ennemi (au moins 6 tués et une vingtaine de blessés).

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La résistance armée 34

par le Colonel Colomb.

Ce même jour du 4 Septembre, un important détachement F.T.P. venu du CHER-SUD, sous les ordres du Commandant RENAUDIN, entrait sans coup férir à VIERZON et occupait la ville. Le lendemain « STAG » (qui s’était absenté la veille de son secteur pour un voyage à ORLÉANS) pénétrait à son tour dans VIERZON avec ses troupes. Le 5 Septembre au soir, on ne me signalait plus la présence dans BOURGES que de quelques groupes allemands attardés. Le village de MARMAGNE, à l’ouest de la ville, assez fortement occupé les jours précédents, était complètement évacué.

Le 6 au matin, je reçus la visite à la ferme de BEAUMONT, près de MENETOU-SALON, du Commandant de Gendarmerie VACHER et du Colonel de GOY, venus de BOURGES pour s’informer que la ville était entièrement débarrassée des Allemands, à l’exception de quelques dizaines d’hommes demeurés dans la caserne Carnot. Je donnais aussitôt l’ordre de rassembler tous les effectifs disponibles des maquis de MENETOU et d’IVOY pour entrer dans la ville au début de l’après-midi. Je fis passer d’autre part un message au Capitaine « DURET » pour qu’il participe à l’occupation de BOURGES avec tous les éléments qu’il pourrait diriger immédiatement sur la ville en venant de l’est.

Enfin je fis prévenir le Colonel BERTRAND, dans le CHER-SUD, pour qu’il puisse faire entrer simultanément dans BOURGES ses forces dont les têtes de colonnes étaient stoppées à une dizaine de kilomètres de la ville.

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la résistance armée 33

par le Colonel Colomb.

Après le passage des derniers convois ennemis en provenance de la « poche » au Sud d’ORLÉANS, d’assez gros éléments s’étaient attardés dans la région de Parassy et des Aix d’Angillon. Cependant, comme le Nord du département paraissait entièrement et définitivement débarrassé des Allemands, j’avais décidé de faire descendre en direction de BOURGES tout le maquis d’IVOY (dont l’effectif à cette date dépassait 200 hommes armés) en prévision de notre prochaine entrée dans la ville. Le même jour (c’était le 3 septembre), le commandement allié s’était enfin décidé à faire traverser définitivement la Loire aux éléments du 4me Bataillon de parachutistes français, montés sur Jeeps, qui se trouvaient depuis plus d’une semaine en attente à BRIARE. Et le lendemain, je prenais contact près de MENETOU-SALON avec un détachement de cette unité commandée par le Capitaine LARRALDE.

Dans l’après-midi nous apprenons qu’une compagnie de 120 Allemands environ, avec un ou deux camions (appartenant à un Bataillon d’Infanterie de marine venant de Vendée) s’est attardée aux AIX d’ANGILLON et se trouve complètement isolée, le reste du village, et ils se replient ensuite par la route de RIANS durant la nuit. Mais ils avaient subi de sérieuses pertes en tués et blessés, et laissaient entre nos mains une vingtaine de prisonniers, un gros camion ainsi que toutes leurs munitions et leurs vivres de réserve.

Malheureusement, le Capitaine LARRALDE avait été blessé accidentellement au début de l’action par l’éclatement d’un projectile de Piat au-dessus de la tête, le Sous-Lieutenant WILMS, commandant le groupe de réserve du maquis de MENETOU, était affreusement mutilé par une grenade (jambe arrachée, etc..) et le Capitaine « OXFORD », de la mission alliée de liaison (parachutée à IVOY le 8 août), avait
reçu également une très grave blessure.

Cet engagement des AIX D’ANGILLON, où pour une fois les forces de la Résistance, grâce à l’appui des Jeeps, purent attaquer l’ennemi chez lui au lieu de pratiquer uniquement, le combat en embuscade, devait clore pour les F.F.I. du Cher-Nord l’action militaire proprement dite sur le territoire même du département. Le combat, qui avait été le plus vif, se trouvait donc également avoir été le dernier.

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La résistance armée 32

par le Colonel Colomb.

Dès le 1er Septembre, il devint évident que le départ définitif des derniers Allemands du Cher-Nord n’était plus qu’une question de jours. Ainsi qu’il a été relaté plus haut, l’évacuation de la « poche » au sud d’ORLÉANS commençait à s’achever à cette date.

Le 2 Septembre, les derniers convois, abandonnant la route de SANCERRE, descendaient en direction des AIX D’ANGILLON par HENRICHEMONT, et de BOURGES par la Nationale 140. Une série d’engagements eurent lieu ce jour-là : à la sortie d’HENRICHEMONT, un groupe du maquis d’IVOY attaquait une forte colonne de camions, tuant plusieurs Allemands et faisant 4 prisonniers. Sur la route 140, au nord de la Chapelle d’ANGILLON, le Capitaine « Louis », des F.T.P. prenait à partie un autre convoi, lui infligeait des pertes, et était malheureusement tué d’une balle presque à bout portant au moment du décrochage. Un peu plus au Sud sur la même route, aux abords du « Pic Montaigu », les groupes de village de St-PALAIS, St-MARTIN et QUANTILLY, commandés par le sergent-chef DESMOULIÈRES, sous les ordres du Commandant MAGNON, continuaient une brillante série d’embuscades entreprises les jours précédents, accrochaient encore des colonnes de véhicules hippomobiles et des cyclistes. Malheureusement, l’ennemi devait se venger de ses pertes en incendiant la maison forestière de St-PALAIS et plusieurs maisons d’habitation en bordure de la route.

A BOURGES même, l’évacuation des Allemands semblait se précipiter. Le 2 Septembre, les Cheminots de la gare commençaient à embarquer, les troupes de passage réquisitionnaient voitures, chevaux, bicyclettes. Le 3 Septembre, les derniers cheminots partaient après avoir détruit toutes les installations de la gare de BOURGES (aiguillages, château d’eau, dépôt de machines). La Kommandantur quittait également la ville. Quant à la Gestapo, la milice, etc.. ils étaient déjà partis depuis longtemps. A partir de ce jour, il ne devait plus passer de trains à BOURGES, et les dernières colonnes de troupe venant de l’Ouest paraissaient de moins en moins fortes en effectifs.

Je n’avais naturellement pas attendu cette date pour procéder à l’armement des groupes F.F.I. à l’intérieur même de la ville de BOURGES sous les ordres de « ROBIN ». Dans la nuit du 25 au 26 août, un premier parachutage à leur intention avait eu lieu sur un terrain au sud de MÉRY-ès-BOIS, et les armes avaient pu être introduites dans la ville sans incident aucun. Un second parachutage, demandé quelques jours plus tard sur le même terrain, devait malheureusement être retardé, par suite des conditions atmosphériques, jusqu’à la nuit du 5 au 6 Septembre, c’est-à-dire la veille même de notre entrée à BOURGES.

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