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résistance armée 10

 Résistance armée 10

par le Colonel COLOMB.

Le lendemain, le dépôt de locomotives du Chemin de fer « économique » à voie étroite (servant aux Allemands pour leurs réquisitions de produits agricoles) était attaqué à VEAUGUES par ROLAND PAVIE, et 5 locomotives sur 7 mises hors d’usage. Le surlendemain, le même ROLAND PAVIE faisait sauter le point de la Reculée sur la ligne de BOURGES à COSNE, et y interrompait le trafic pour 8 jours. Le 9 juillet, après que les Allemands eurent rétabli un pont en bois, ROLAND PAVIE en incendiait les échafaudages et coupait ainsi de nouveau la voie pour une assez longue période. Enfin, le 12 août, sur la même ligne de BOURGES à COSNE, la destruction du pont des Tremblets interdisait la circulation aux convois ennemis que la rupture du pont de BANNAY sur la Loire par les autorités allemandes de la Nièvre vers le 20 août allait par ailleurs définitivement écarter de cette voie de rocade. 

Quant à la grande ligne VIERZON-BOURGES-NEVERS, elle devait être attaquée d’une manière presque incessante par les équipes de destruction de « STAG » et de « DURET » à partir du début de juillet. Dans le seul secteur de VIERZON, au cours d’une période de deux mois environ, jusqu’à l’évacuation définitive de la région par les Allemands, il n’y eut pas moins de 29 sabotages de la voie ferrée. La plupart des
coupures ainsi opérées n’avaient d’efficacité que pour une durée de cinq à six heures, les Allemands ayant placé tout le long des voies des équipes permanentes chargées de les réparer. Mais il y en eut aussi de plus importantes, telles que par exemple la destruction du pont de Chemin de Fer sur le canal du BERRY, à l’est de VIERZON, par « STAG » le 8 août, le dynamitage du Pont-Vert (près de BOURGES), par ALEX vers le 10 août, et, dans le secteur du CHER-EST, les tentatives d’obstruction entreprises à deux reprises dans le tunnel de TENDRON, mais dont les résultats ne furent pas entièrement satisfaisants.

Pendant ce temps, le maquis de MENETOU faisait sauter un pont sur la ligne BOURGES-GIEN, près de HENRICHEMONT, vers le 15 juillet, et interrompait encore la voie ultérieurement à deux reprises en faisant dérailler une locomotive isolée et un convoi. Peu après d’ailleurs, le travail de sabotage sur cette voie fut abandonné en raison de la destruction par l’aviation alliée des ponts de Chemin de Fer sur la
Loire à SULLY et GIEN. Cette action sur les voies ferrées s’accompagnait de multiples autres destructions, telles que, par exemple, vers le 10 juillet, la coupure, par « DURET » de la ligne du Chemin de fer économique VEAUGUES – la GUERCHE, au-dessus du canal latéral à la Loire près de BEFFES, interdisant ainsi aux Allemands, jusqu’à la fin des opérations, l’utilisation du ciment produit par l’usine de cette localité. Au début d’août, par un coup de main extrêmement hardi, « STAG » faisait pénétrer une équipe de sabotage dans le dépôt de locomotives de VIERZON et en mettait 13 hors d’usage. Enfin l’opération la plus brillante et la mieux réussie fut exécutée dans la nuit du 7 au 8 août à BOURGES, sous la direction •< d’ALEX » et de « ROBIN », au cours de laquelle des paquets d’explosifs purent être introduits dans les ateliers de montage de la S.N.A.C, et les ailes et fuselages destinés à l’assemblage d’une vingtaine d’avions furent complètement détruits.

résistance armée 9

Résistance armée 9

par le Colonel COLOMB

L’arrivée, le 24 juin, par notre premier parachutage de SURY-ès-BOIS, d’une certaine quantité de « plastic» ou d’autres explosifs, allait nous permettre d’aborder la réalisation de notre programme.

Simultanément, « St-PAUL » mettait à ma disposition un spécialiste en destructions et sabotages nommé « ALEX », qui allait procéder par lui-même dans le CHER-NORD à un certain nombre d’opérations de cette nature, et former des équipes plus particulièrement affectées au même travail.

En ce qui concerne les voies ferrées, la plus importante au point de vue stratégique était évidemment la grande ligne latérale VIERZON-BOURGES (NEVERS) : elle allait bénéficier en première urgence de nos soins les plus attentifs. En second lieu venait la ligne COSNE-BOURGES, souvent utilisée par les Allemands comme rocade de la grande ligne du Bourbonnais ; enfin la ligne nord-sud, de BOURGES à GIEN d’une part, et à SULLY-sur-LOIRE de l’autre, allait également, malgré sa faible utilisation par l’ennemi, être mise plusieurs fois hors d’usage.

Outre les Chemins de Fer, le canal latéral à la Loire, les câbles téléphoniques, certaines lignes électriques haute tension, pour ne pas parler des fils téléphoniques aériens reliant les villages devaient aussi être l’objet de fréquentes attaques.

 

Notre première tentative eut lieu en dehors du département : le 28 juin « ALEX » avec une équipe recrutée localement, faisait sauter de l’autre côté de la Loire un petit pont sur la ligne du Bourbonnais, dans le voisinage de NEUVY, et y interrompait la circulation pour trois jours.

 

résistance armée 8

Résistance armée 8

par le Colonel COLOMB.

Un jeune officier britannique, nommé « JEAN MAURICE », qui dirigeait depuis quelque temps un assez important groupement de maquis dans le sud de la Sologne (Souesmes), fut désigné d’autre part par «St-PAUL » pour contrôler l’action de » STAG » et lui donner les directives nécessaires. Un premier transport d’armes (2 tonnes environ) fut effectué, à la mi-juin, de St-VIATRE, où se trouvait le dépôt central de « St-PAUL » à la Moinerie des Bois, où « STAG » commençait à monter un petit maquis.

Par l’intermédiaire de « JEAN MAURICE », quelques parachutages, d’ailleurs de faible importance, eurent lieu fin juin et début juillet. A ce moment, le secteur de VIERZON pouvait compter environ 120 à 150 hommes armés, mais la plupart de ceux-ci se trouvaient en réalité dispersés dans VIERZON et quelques communes avoisinantes, et en dehors d’une vingtaine d’hommes à la Moineries aux Bois, il n’y avait pas encore à proprement parler de maquis susceptible d’entrer immédiatement en action.

C’est à cette date seulement que je pus rencontrer pour la 1ère fois, près de NEUVY-SUR-BARANGEON « STAG » ainsi que le Capitaine MARGOUT, qui exerçait nominalement le Commandement des F.F.I. de VIERZON.

Dès le 6 juin, la question des destructions et sabotages de voies ferrées, ainsi que des autres moyens de communication utilisés par l’ennemi avait naturellement pris pour nous une importance primordiale, malheureusement nous manquions à peu près totalement à ce moment des moyens matériels nécessaires pour faire œuvre utile.

Les directives qui nous étaient transmises soit par « MARC », soit par « St-PAUL » insistaient toutes sur l’urgence de ces destructions. Il nous était demandé de la manière la plus pressante de concentrer exclusivement nos efforts sur l’interruption ou la neutralisation des moyens de transport, afin de contribuer pour notre part au succès de la bataille de Normandie, en retardant l’arrivée éventuelle des renforts ennemis sur le champ de bataille.

Jusqu’au 15 août, date à laquelle l’ordre de guérilla générale fut lancé de LONDRES pour le Cher, l’action de la Résistance armée devait donc se traduire à peu près exclusivement par des sabotages – de plus en plus nombreux et de plus en plus étendus – tandis que nous nous abstenions à peu près totalement d’autre part d’attaquer les convois ou corps de troupe ennemis.

résistance armée 7

Résistance armée7

par le Colonel COLOMB.

 

Parallèlement à cette mise sur pied des groupes de maquis dans la région centrale du département, l’organisation des secteurs du CHER-EST et de VIERZON faisait dans le courant de juillet de rapides progrès.

 

Le Capitaine « DURET » avait reçu, comme indiqué plus haut, son premier parachutage (18 containers) le 25 juin. Une quinzaine de jours plus tard, il en recevait un second, beaucoup plus important (45 containers) en plein centre de son secteur, près de VILLEQUIERS.

Dès lors, il devenait possible d’armer des effectifs importants. Les cantons de BAUGY, NÉRONDES, LA GUERCHE et SANCERGUES, qui constituaient son secteur, possédant une densité de population relativement forte, les volontaires ne cessaient d’affluer dans cette zone au fur et à mesure des arrivages d’armes, mais durant cette période, les groupes de Résistance ne devaient pas encore se constituer en » maquis » mobiles, tant que le signal de la guérilla générale ne serait pas donné, pour le département du CHER. Il avait été convenu que les hommes resteraient dispersés dans les fermes et les villages, ne se rassemblant que sur ordre et pour l’exécution d’opérations données. Cette organisation ressemblait en somme quelque peu à celle qui avait été adoptée pour le Sancerrois, comme on le verra plus loin.

A la fin de juillet, le Capitaine DURET avait ainsi recruté et armé environ 250 hommes répartis entre quatre sous-secteurs. Il pouvait en particulier compter sur le concours de plusieurs jeunes Officiers d’active en sorte que le moment venu sa troupe allait se révéler particulièrement mordante et combative, et infliger dans la guerre d’embuscades des pertes sérieuses aux convois ennemis,

L’organisation du secteur de VIERZON allait prendre également dans le courant de juillet sa forme définitive : depuis le 6 juin, un important travail avait été accompli dans cette région, qui, à l’époque, échappait encore totalement à l’action du Commandement Départemental F.F.I.

Dès l’annonce du débarquement allié, « St-PAUL » avait envoyé à VIERZON un jeune Officier français « STAG », pour y prendre contact avec les résistants locaux, appartenant pour la plupart au mouvement VENGEANCE », et leur transmettre ses instructions.

A partir de ce moment, « STAG », était agréé par les résistants de VIERZON comme « un conseiller technique militaire » et il allait s’occuper avec une très grande activité de l’organisation et de l’armement des groupes F.F.I. en cours de création dans le secteur. D’ailleurs, «St-PAUL » attachait une importance très particulière à cette région, en raison de l’utilisation que les Allemands pourraient faire de la route et de la voie ferrée BOURGES-VIERZON pour leurs mouvements de troupe, et en raison aussi des nombreuses usines travaillant encore à VIERZON pour l’ennemi.

 

résistance armée 6

Résistance armée 6

par le Colonel COLOMB

Je confiais aussitôt à « MARSAN » la tâche de constituer le noyau de quelques nouveaux groupes de maquis clans la région centrale du département en utilisant les premiers volontaires qui commençaient à se présenter à nous (mais bien peu nombreux encore) à la suite du premier appel radiodiffusé du Général de GAULLE.

Le 10 juin, un premier groupe (nommé SEBASTOPOL) était créé sous les ordres de « BERRY » dans les bois de la région de MENETOU et s’augmentait progressivement jusqu’à comprendre une vingtaine d’hommes. Mais le manque d’armes à peu près total nous empêchait de gonfler comme nous l’aurions voulu les effectifs. Ce n’est qu’après le parachutage du 24 juin qu’un second groupe (nommé HUBERT ARNAUD) pouvait être créé sans retard dès le 27 juin, sous le commandement de Roland PAVIE, dans le bois des PORTEAUX, près de NEUVY-les-DEUX-CLOCHERS.

Dans le courant de juillet, et surtout après le 20 juillet, où toute une série de parachutages eurent lieu dans la région de MENETOU-RATEL, les maquis organisés par « MARSAN » commencèrent à prendre un important développement.

Les 17 et 19 juillet, les groupes « BAYEUX » et « BERTIN » étaient créés dans les bois de QUANTILLY (à l’effectif d’une quinzaine d’hommes chacun) et dirigés aussitôt sur une nouvelle zone d’opérations, dans les forêts autour d’ALLOGNY.

Vers la même date, le Groupe « 18 juin 1940 », constitué dans la même région de QUANTILLY, était envoyé en forêt d’IVOY. Il allait constituer le noyau d’un ensemble de maquis appelé à rassembler en quelques semaines un effectif considérable de volontaires.

Au début d’août, l’organisation des maquis du CHER-NORD allait prendre ainsi sa forme définitive: deux zones furent créées, au sud le « Maquis de MENETOU », sous les ordres directs de « MARSAN », au nord, le maquis « d’IVOY », également contrôlé par « MARSAN », mais effectivement commandé par «François». Les aires d’opérations respectives attribuées à ces deux maquis étaient séparées par une ligne NEUVY S/BARANGEON – HENRICHEMONT – NEUVY-les-DEUX-CLOCHERS.

Dans chacune de ces deux zones un «camp de triage » allait fonctionner, d’où sortiraient tout constitués, au fur et à mesure de l’arrivée des volontaires, les groupes nouveaux qui devaient être dirigés ensuite vers des terrains d’action déterminés.

D’autre part, par l’intermédiaire de « FELIX », des terrains de parachutage spéciaux étaient affectés au ravitaillement en armes de ces deux maquis : pour IVOY à OIZON, à ARGENT et près du « Gué de la Pierre » ; pour MENETOU, à PARASSY.

L’organisation ainsi créée allait permettre désormais de recevoir le matériel en quantités suffisantes pour équiper à la cadence voulue les volontaires que l’évolution de la situation militaire amenait chaque jour plus nombreux dans nos camps de triage.

 

résistance armée 5.

Résistance armée 5

par le Colonel COLOMB

Le développement des maquis dans le CHER-NORD devait (comme il était logique d’ailleurs) devenir particulièrement rapide du moment où il nous fut possible de les ravitailler en armes avec abondance. Mais avant d’en revenir là, les quelques petits maquis du CHER-NORD s’étaient vus durement secoués dans le courant de Mai par les Allemands.

Le 19 Mai, une colonne de plusieurs centaines d’hommes, transportés en camions avec quelques auto-mitrailleuses et deux canons légers, vint procéder au nettoyage des bois de Boucard.

Ils n’y trouvèrent d’ailleurs personne, car la « bande à BEBERT », alertée à temps, avait pu prendre le large. La colonne allemande traversait dans l’après-midi la région de VEAUGUES, lorsqu’elle entra en contact avec le groupe « DANIEL » embusqué sur la route. Dans le combat inégal qui s’ensuivit,
les 7 hommes de ce groupe furent tués et « DANIEL » seul réussit à s’échapper avec son fusil-mitrailleur.

Après cette journée, le groupe « BEBERT » se désagrégea. D’autre part, « DANIEL » se trouvait avoir perdu à la fois sa troupe et ses armes. Vers le 1er juin, il fut convenu que les 7 ou 8 hommes de «BEBERT» demeurés dans la région, se rangeraient sous les ordres de « DANIEL ». Celui-ci se trouvait donc à nouveau le 6 juin prêt à entrer en action, mais avec des moyens minimes.

Au point de vue « Maquis », cependant, il représentait à cette date le seul élément auquel le commandant départemental F.F.I. pouvait faire immédiatement appel.

 

résistance armée 4

Résistance armée 4

par le Colonel COLOMB

A partir du 6 juin, ma préoccupation dominante devint le parachutage d’armes. Elle devait le rester jusqu’au 12 août.

Lors de notre rencontre le 29 mai,pas « St PAUL » m’avait promis de me faire livrer du matériel à bref délai. Il vint me voir à BOULLERET quinze jours plus tard, et après avoir étudié dans le détail la situation dans le département, me promit la livraison d’un nombre minimum d’armes pour les semaines suivantes. Et en attendant les parachutages, il m’emmena le lendemain même (à bicyclette) à VITRY-aux-LOGES, dans la forêt d’ORLEANS, revoir « MARC », qui venait d’y installer son P.C. et solliciter de lui la livraison de six containers à prélever sur un stock important entreposé dans la région.

De retour dans le SANCERROIS, je m’occupais de trouver un camion pour aller chercher les containers en forêt d’Orléans. Le voyage fut retardé par diverses difficultés matérielles, puis par la présence d’un barrage allemand sur le pont de Sully ; enfin je finis par y renoncer définitivement lorsque se produisit enfin notre premier parachutage d’armes dans le département, quelques jours plus tard.

Ce dernier ne se fit pas par l’intermédiaire de « St-PAUL ». Il fut organisé à SURY-près-LÉRÉ même par une femme du Service Secret Britannique (probablement de nationalité américaine) nommé • DIANE » qui s’y trouvait en villégiature depuis trois ou quatre semaines. Sa présence à SURY m’avait été signalée par le Groupe de village local. Elle m’avait d’abord paru suspecte. J’avais consulté « St-PAUL » à son sujet à notre retour de VITRY-aux-LOGES), qui avait reconnu en elle une de ses anciennes collaboratrices dans le Centre de la France.

Invitée par « St-PAUL » à se mettre à notre disposition, « DIANE » qui correspondait directement avec LONDRES par radio, organisa notre premier parachutage, qui eut lieu dans la nuit du 24 au 25 juin à BELLEVILLE, au bord de la Loire.

Ce soir là, nous recevions 12 containers, dont le produit fut partagé entre les groupes de village du SANCERROIS et les premiers maquis de « Monsieur MARSAN » alors en voie de création. Le lendemain soir, un second parachutage, également organisé par << DIANE », avait lieu aux Vallées en face de POUILLY, et les 18 containers qu’il comportait étaient attribués au groupement du CHER-EST, sous les ordres du Capitaine « DURET ».

Une semaine plus tard, enfin, un troisième parachutage d’une vingtaine de containers avait lieu entre SURY-ès-BOIS et VAILLY. Mais cette fois là nous recevions aussi un radio américain nommé « FELIX » qui devait rester à ma disposition et s’occuper presque exclusivement d’organiser avec LONDRES nos parachutages ultérieurs.

A partir de ce moment là, les arrivages d’armes furent aussi nombreux que nous pouvions le souhaiter, et répartis à travers le territoire du département aux points exacts où nos besoins de matériel se faisaient sentir, évitant ainsi les transports par camions qui, en d’autres régions, provoquèrent malheureusement tant de tragiques accidents.

Après avoir ainsi rendu un immense service à la Résistance dans le CHER-NORD. « DIANE » nous quittait vers le 10 juillet pour aller continuer son activité dans la Haute-Loire.

 

résistance armée 3

résistance armée 3

par le colonel COLOMB.

A la date du 6 juin, l’organisation territoriale prévue pour le Cher-Nord devait comporter cinq secteurs :

· Sancerrois,

· Cher-Est (Sancergues, Baugy, La Guerche),

· Bourges,

· Vierzonnais,

· Région centrale (axe de la route BOURGES-ARGENT)

** torturé par la Gestapo, hospitalisé, « Armand » réussit à s ’évader. Plus tard, il fut Ministre de l’Education Nationale, disparu dans un accident d’avion.

 

En réalité, seuls les deux premiers secteurs se trouvaient à peu près organisés et en liaison constante avec le Commandement Départemental. Le SANCERROIS en particulier, que je dirigeais personnellement avec le concours de « CHARPENTIER » depuis l’arrestation de BOROCOVITCH au début de mars, groupait clans un certain nombre de villages un effectif d’environ deux cents hommes, dont la moitié à peu près armée avec des fusils de modèles variés. Le CHER-EST, sous la direction du Capitaine « DURET », ne comptait encore à cette date qu’un effectif sensiblement inférieur et n’était aucunement armé.

A BOURGES, j’avais pris en mai un contact personnel avec « ROBIN » qui dirigeait un groupe important affilié à « VENGEANCE », mais il n’en était encore rien résulté dans la pratique.

Pour le Vierzonnais, je n’ignorais pas qu’il existait un centre de résistance très actif, mais n’avais pu encore entrer en rapport avec ceux qui en faisaient partie. Enfin, dans la région centrale, je savais qu’il n’y avait rien encore et qu’il faudrait y créer notre organisation de toutes pièces.

Au point de vue « Maquis », la situation n’était guère plus favorable : dans le courant de l’hiver 1943-1944 quelques petits groupes de jeunes gens, réfractaires au S.Т.О., s’étaient constitués dans les forêts, mais il étaient à peu près complètement dépourvus d’armes, et cherchaient bien plutôt à échapper aux recherches des Allemands qu’à s’attaquer sérieusement aux convois et aux moyens de transport ennemis.

Par l’intermédiaire du Capitaine « DURET », j’avais rencontré à PARIS, vers la fin de mars, l’Inspecteur du « Service National Maquis » chargé notamment de ceux du Cher-Nord, qui se faisait alors appeler «MARSAN MOISSINAC ». Il devait plus tard jouer un rôle prépondérant dans l’organisation des maquis du département, mais à cette date il ne contrôlait encore qu’un petit groupe d’une douzaine d’hommes,
commandé par un certain « BEBERT », et qui se cachait dans les bois de BOUCARD.

En dehors de ce groupe « BEBERT », je ne connaissais d’autre part qu’un groupe « DANIEL », de 7 ou 8 hommes, dans la région de FEUX, qui devait se révéler ultérieurement comme dépendant des F.T.P. auquel je pouvais ajouter l’existence probable de quelques éléments « Maquis » de même origine dans la région de BEFFES et dans les forêts au nord de VIERZON.

Selon ce que je savais à l’époque, c’était bien là tout ce qu’il pouvait exister comme « Maquis » dans le Cher-Nord, et, en fait, personne n’était sérieusement armé.

Dans le courant de mars, il m’avait été demandé par le Délégué Militaire National « CHABAN » d’abriter dans le SANCERROIS un poste émetteur radio qui devait fonctionner pour son service exclusif. Il m’avait été demandé aussi de prévoir dans la même région l’hébergement d’une partie au moins de l’organisation du « COMAC », dans l’éventualité où les mesures prises par les Allemands à la suite du débarquement allié obligeraient celui-ci à quitter PARIS.

Ce deuxième projet ne fut pas réalisé, mais en ce qui concerne l’émetteur de radio, je devais le recevoir le 3 juin, avec deux opérateurs, qui furent installés à LÉRE, où ils fonctionnèrent sans interruption et sans être aucunement inquiétés jusqu’à la fin du mois d’août. Les messages qu’ils transmettaient arrivaient chiffrés soit directement de PARIS, soit de la région d’AUXERRE, par agents de liaison (souvent des femmes) à bicyclette.

Dans l’ensemble, le fonctionnement de ce service fut un grand succès.

résistance armée 2.

 résistance armée 2.

Par le Colonel COLOMB.

 

C’est dans le courant du mois d’avril 1944 que je fus désigné par le « C.O.M.A.C. » pour assumer le Commandement des F.F.I. du Cher-Nord, d’abord à titre officieux, puis ensuite par une lettre de service. Je devais d’ailleurs être confirmé au mois de juin dans cette fonction par le Délégué Militaire Régional adjoint pour P.2. « MARC » (Colonel O’Neill).

Antérieurement à cette nomination, j’avais commencé à prendre part à la résistance en avril 1943 : constitution d’un groupe de village à BOULLERET, d’une trentaine de membres – collaboration avec les représentants de ГО.С.М. à COSNE, Mr et Mme TESTARD jusqu’à la date de leur arrestation (4 mars 1944), d’autre part, avec le Groupe de SANCERRE (BOROCOVITCH et LOUIS), qui s’était rangé sous les ordres du Commandant GAGNERON ; recherches d’armes de récupération et constitution de petits dépôts clandestins.

La première tentative aérienne pour obtenir des parachutages d’armes dans le CHER-NORD, remonte à l’entrevue que je pus avoir le 28 décembre à COSNE au domicile de Mr et Mme TESTARD avec le Délégué Militaire Régional « ARMAND BOULLOCHE ». La question fut évoquée, mais elle n’eut pas de suites en raison de l’arrestation d’ « ARMAND » quelques jours plus tard.

En février, je demandais au « COMAC » de reprendre la question. Vers le milieu de mars, un représentant du B.O.A. vint me voir à MENETOU-RATEL. Quatre terrains de parachutages furent choisis. Malgré plusieurs visites successives de l’Agent du B.O.A. les terrains ne furent jamais homologués par la R.A.F. Il est d’ailleurs probable qu’ils ne lui furent même pas transmis. Le 6 juin, nous attendions encore d’être fixés à ce sujet. Mes rapports avec le B.O.A. en restèrent là.

Au début de mai, je fis la connaissance à PARIS du successeur d’ « ARMAND », le nouveau Délégué Militaire Régional « JARRY ». Il fut convenu qu’il viendrait me voir dans le SANCERROIS.

Mais cette visite, plusieurs fois annoncée, n’eut jamais lieu.

Toutefois, dans les derniers jours de mai, « JARRY » me fit passer un message demandant de me rendre le 29 mai à LAMOTTE-BEUVRON, pour y rencontrer son adjoint « MARC », Délégué Militaire pour P.2. Mon voyage à LAMOTTE-BEUVRON devait me permettre de mettre au point avec « MARC » l’organisation territoriale à donner aux F.F.I. ainsi que la question de leur administration et de leur financement.

Mais il devait surtout me permettre de prendre contact avec le représentant régional du WAR OFFICE « St PAUL », grâce auquel le problème des parachutages devait enfin recevoir une solution rapide et plus complète que nous n’aurions jamais osé l’espérer jusqu’alors.

résistance armée 1.

HISTORIQUE

de la RÉSISTANCE ARMÉE

dans le CHER-NORD

par le Colonel COLOMB.

L’historique ci-après concerne les maquis suivants :

1. - Maquis de MENETOU

2. - Maquis d’IVOY

3. - Compagnie ROBIN

5. - Groupe de St PALAIS

6. - Groupe de St MARTIN D’AUXIGNY

7. - Groupe d’ARGENT

8. - Groupe d’AUBIGNY

9.- Groupe de MENETOU-RATEL

11. – Groupe de St SATUR

37.- Secteur du SANCERROIS

38.- Secteur du VIERZON ou Compagnie VENGEANCE.

 

Dans le courant de 1943, la première entreprise sérieuse de résistance dans le CHER-NORD fut celle du Général CHALLE à BOURGES, sous le patronage du mouvement « LIBÉRATION – NORD ». Mais, dans le cours de l’été, le Général CHALLE lui-même, et la plupart de ses collaborateurs, furent arrêtés. Les autres se dispersèrent, cette première tentative avait avorté.

Vers la même époque, l’O.R.A. commença de son côté à déployer une certaine activité dans le Cher. Le Commandant GAGNERON fut nommé Chef départemental à BOURGES.

Il s’attacha à grouper autour de lui un certain nombre d’Officiers, de préférence de l’Armée active, en vue de diriger les principaux secteurs du département.

Mais, avant d’avoir pu commencer véritablement le travail en profondeur, le Commandant GAGNERON et tous ses Officiers, sauf un, étaient arrêtés en même temps par la Gestapo, le 17 février 1944.

L’action de l’O.R.A. sur le plan départemental ne devait pas être reprise par la suite, en raison de la constitution des F.F.I.

Ces deux essais successifs avaient laissé cependant dans le CHER-NORD des éléments des bonnes volontés éparses qu’il allait bientôt être possible de regrouper à la faveur des événements dans une action d’ensemble.

 

 

 

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