les mémoires de Papy Georges 30. vers l’Allemagne.

Jean THIBAULT m’a donc conduit à la gare de Bourges avec une grande valise, Direction Paris et j’ai couché à la caserne du Mortier.

Le lendemain, des cars nous ont transportés à la gare du Nord car nous devions retrouver d’autres réquisitionnés qui arrivaient de partout.

Un train complet pour l’Allemagne, premier arrêt à Strasbourg. Nous avons bénéficié d’une demi-journée d’arrêt car ce train complet passait entre les autres trains. Ainsi, nous avons pu visiter Strasbourg ainsi que les pâtisseries de cette ville.

Dans la nuit, nous sommes repartis jusqu’au pont de kehl qui traverse le Rhin. Ce pont avait déjà été bombardé et reconstruit en bois. En conséquence le train ne pouvait pas rouler au-delà de 10 kilomètres à l’heure.

Le Rhin était très large, environ un kilomètre.

Arrivé à Essen dans la Ruhr, vers 21 heures, les sirènes annonçaient l’alerte. Le train s’arrêta donc sur les voies, des déportés se sauvaient en ville pour trouver des abris.

Moi, j’étais avec un autre gars, on descendit et, immédiatement, on s’est caché sous le wagon, la tête sous l’essieu. Le bombardement commença, les avions volaient très bas car la DCA tirait à la mitrailleuse. Quand les bombes s’abattaient, on aurait dit que le train sous lequel on se protégeait changeait de voie, tellement la trépidation était forte et ceci dans un vacarme infernal.

La peur me prit : j’avais repéré un caniveau en béton sur le bord de la voie ferrée qui faisait 80 cm de large, je me suis mis dedans, toutefois mes bras et mes pieds n’étaient pas abrités, ils dépassaient. Un éclat d’obus m’a blessé le pied, je me souviens encore de cette brûlure que j’ai ressentie au pied.
Le bombardement terminé, nous sommes repartis deux heures plus tard car la sécurité contrôlait les voies pour voir s’y elles n’avaient pas été endommagées.

voir ce site à propos des bombardements d’ESSEN


Nous sommes donc arrivés véritablement le lendemain en Allemagne.

les bombardements des villes allemandes

suite

Commentaires

  1. catherine poissonnet dit :

    Bonjour,

    Je suis médiatrice culturelle au musée de la Résistance et de la Déportation du Cher. Je viens de lire les extraits des mémoires de Georges Canon que vous publiez. Je souhaiterais savoir si Georges Canon est toujours vivant, si c’est le cas, s’il accepterait de me rencontrer. Je sollicite par ailleurs votre autorisation (ainsi que celle de la famille Canon ?) de reprendre des extraits de ce témoignage (en mentionnant votre site) à l’attention des enseignants et des scolaires qui préparent cette année le concours de la Résistance et de la Déportation sur le thème de la Libération des territoires et du retour à la République.
    Avec mes remerciements,
    Catherine Poissonnet

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